Bien que nous soyons passés à l’heure d’été le 31 mars dernier, dans un avenir proche, nous pourrions ne plus avoir à opérer aucun changement d’heure.

 

En effet, la consultation en ligne lancée à ce sujet, durant l’été 2018, par la Commission européenne a généré plus de 4,6 millions de réponses et a abouti à un résultat sans appel : 84% des citoyens européens, qui ont répondu au questionnaire de la Commission, se sont dit favorables à la fin du changement d’heure.        

 

Par ailleurs, la disparition du changement d’heure dans l’UE a été approuvée par le Parlement européen le 26 mars dernier. Cependant, ses modalités restent à définir pour les Etats membres : est-ce que certains pays souhaitent tout de même poursuivre le changement d’heure deux fois par an ? S’ils ne le désirent pas, choisissent-ils de s’ajuster de façon permanente sur l’heure d’hiver ou l’heure d’été ?   

 

S’il n’y a pas harmonisation, on peut facilement imaginer les difficultés que rencontreront les chemins de fer internationaux, ainsi que les compagnies d’aviation.

 

Les citoyens français plébiscitent, pour la majorité d’entre eux, l’heure d’été. Cependant, leur gouvernement n’a pas encore arrêté sa décision et l’abolition du changement d’heure dans l’UE n’aura pas lieu avant 2021.

LES DATES DU CHANGEMENT D’HEURE

 

Pour le passage à l’heure d’été, qui a lieu chaque année au printemps, le dernier week-end de mars, on avance sa montre d’une heure. Ainsi, à 2 heures du matin le dimanche, il est 3 heures.

 

Ce changement nous fait artificiellement perdre une heure de sommeil et nous décale de deux heures par rapport à l’heure GMT.

 

Concernant le changement d’heure d’hiver, il a lieu annuellement le dernier week-end d’octobre et à cette occasion, on recule sa montre d’une heure : à 3 heures du matin le dimanche, il est 2 heures.

 

Le passage à l’heure d’hiver nous offre une heure de sommeil en plus en nous décalant d’une heure par rapport à l’heure solaire.

POURQUOI AVOIR INSTAURE UN CHANGEMENT D’HEURE ?

 

Initialement, il s’agissait d’une mesure destinée à économiser de l’énergie en décalant les horaires de la journée afin de s’adapter à la luminosité en hiver et en été.  

 

Au début du 20ème siècle, l’Allemagne a institué pour la première fois une heure d’été en Europe. La France a suivi en 1916, et lors de la Libération en 1945, cette disposition a été abandonnée, mais rétablie en 1976, à la suite du choc pétrolier de 1973. L’argument majeur des autorités, à l’époque, s’appuyait sur les économies d’énergie censées être produites par cette mesure.  Dans les années 1980, les pays de l’UE ont suivi le mouvement et une directive de 2001 a harmonisé les dates de passage à l’heure d’été et d’hiver : elles ont été fixées aux derniers week-ends d’octobre et de mars.

QUELQUES ARGUMENTS POUSSENT A LA DISPARITION DU CHANGEMENT D’HEURE

 

En théorie, l’heure d’été repousse l’heure du coucher du soleil et par conséquent le moment où nous allumons la lumière. Cependant, au printemps, une partie de l’économie d’électricité réalisée le soir est consommée par le besoin de lumière et de chauffage le matin. Plus on s’approche du solstice d’été, plus l’économie est importante, étant donné que le lever du soleil a lieu de plus en plus tôt et celle de son coucher toujours plus tard. 

 

En 2009, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a quantifié les gains à 440 GWh.  Cependant, avec la généralisation de l’éclairage à basse consommation, l’Ademe table sur des gains de seulement 330 GWh à l’horizon 2030. Par ailleurs, la Commission européenne a fait valoir plusieurs études montrant que les économies d’énergies sont marginales.

 

En outre, des études ont mis en avant le fait que le passage à l’heure d’été générerait des troubles de l’endormissement transitoires chez les personnes âgées et les enfants. Finalement, le passage à l’heure estivale correspondant à deux heures de décalage avec le soleil, il « stresserait » les vaches qui demandent des traites à heures fixes !